Petite histoire de la construction

Le château a été construit en 1443 comme résidence sédentaire des Hohenzollern alors q'uils recevaient de l'Empereur la dignité de “Kurfürst”, prince-électeur de la marche de Brandebourg. Pendant plus de 200 ans, ce fut un château fort médiéval, dit “Zwing Cölln” puis devint un château renaissance près du Lange Brücke sur la Spree par lequel on accédait à la petite ville sans importance qu'était Berlin, jumelle de Cölln.

Suite aux premiers agrandissements de la ville vers l'Ouest par le prince électeur Frédéric-Guillaume Ier (1640-88) et Frédéric III, qui, devenant roi en Prusse en 1701, se fit appeler Frédéric Ier (1688-1713), le château devint le centre de la ville et du pays. Ces nouveaux quartiers prirent le nom de Friedrichstadt et de Dorotheenstadt (du nom de sa femme). Johann Moritz von Nassau-Siegen, maître des constructions de fortifications, fit percer une allée d'ouest en est donnant sur le château, l'actuel Unter den Linden. Il recentra ainsi le château de manière optique et symbolique par des allées et des tranchées.

Ici, nous vous proposons une courte histoire de la construction du château assez concise, montrant le développement du château de Berlin jusqu'à nos jours.

Petite histoire de la construction
1443, 31. 7. bis 1451
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La construction du château remonte à l’année 1443.
Pendant plus de 200 ans, la citadelle « Zwing Cölln » et le château Renaissance de Cölln auprès du pont long « lange Brücke », ont surplombé la Spree près de la petite ville de la Marche de Brandenbourg, jadis encore insignifiante, de Berlin.
Fondation et construction de la citadelle « Zwing Cölln » par le prince électeur Friedrich II, nommé Eisenzahn, Dent de Fer (1440-1470). Le fort se trouvait directement au bord de la Spree, dans la partie nommée Cölln de la double ville jusque là plutôt insignifiante de Berlin-Cölln, et intégrait des parties des fortifications de la ville de Cölln dans sa façade est.

Depuis ce fort, les Hohenzollern pouvaient contrôler l´importante route commerciale qui empruntait le Pont Long (Lange Brücke). Ceci provoqua en 1447/1448 l´ « indignation Berlinoise » (« Berliner Unwillen »), au cours de laquelle la population livra une violente opposition à la construction et inonda le chantier en ouvrant les écluses de la Spree. Mais l´on se réconcilia. Berlin et les Hohenzollern ne s´aimaient pas forcément, mais une chose était claire : ils avaient besoin les uns des autres.

Il ne subsiste pas d’image de la construction d´origine. Le « Chapeau Vert » (« Grüner Hut » : il s’agit du clocher à bulbe au centre de l´image, presque caché par la chapelle d’Erasme et la Maison de la Duchesse, cliquer pour agrandir), jadis une tour de défense des murs de la ville de Cölln datant du XIIIéme siècle, recouverte de cuivre, était la plus ancienne partie du château. Du fort d’Eisenzahn ne subsiste dans le château que quelques voûtes de cave et le Chapeau Vert.

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1465
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Construction de la Chapelle d’Erasme avec sa tour
1500
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Apparence probable du château autour de 1500, tentative de reconstruction d’Albert Geyer des années 1900
1535 – 1571
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Prince électeur Joachim II.
Il fit de Berlin la résidence principale des Hohenzollern.
Cela se manifesta en ce qu’il éleva l’église du monastère dominicain située au sud du château au rang d’église du château et dôme de Berlin. Caspar Theiss et Kunz Buntschuh devinrent les architectes de la cour. Le château fort de Eisenzahn fut démoli en grande partie. Un château magnifique de la renaissance, dont le modèle existe encore aujourd’hui à Torgau, prit sa place.
Le château devint le centre de l’administration et de la vie sociale.
1571 bis 1598
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Prince électeur Johann Georg
Le comte d’origine italienne Rochus de Lynar devint l’architecte de la cour. A cette époque fut édifié la Maison de la Duchesse (Haus der Herzogin), un petit château miniature situé directement au bord de la Spree. L’édifice situé à l’extrémité ouest de la cour, le futur bâtiment transversal, fut aménagé avec des appartements pour les hôtes du duc et avec des pièces de repos, et fut conçu comme un premier centre de l’administration.

11V)
La pharmacie de la cour, la Hofapotheke, fut construite avec le bâtiment de jonction au château. Elle servit dans un premier temps comme atelier d’alchimie et d´Hotel des Monnaies, L’image montre la pharmacie avant sa réduction autour de 1890 à l’occasion du percement de la rue et du pont Kaiser Wilhelm, En premier plan, on aperçoit encore un petit pont pour piétons, le pont dit « du cavalier » (Kavaliersbrücke).

1608 – 1619
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Prince électeur Johann Sigismund.
Pas d’activité de construction considérable. Les Hohenzollern se convertissent à la foi reformée. La Marche de Brandenbourg conserve la religion évangélique-luthérienne.
La devise de la liberté religieuse en Brandenbourg: « Ici, chacun peut devenir bienheureux à sa façon ! »
1640 bis 1688
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Prince électeur Friedrich Wilhelm I, « Le Grand Prince Électeur ».
Le château, qui se délabra considérablement pendant la guerre de trente ans, fut profondément restauré. Quelques-unes des pièces les plus célèbres furent construites: la Salle du Boulet « Kugelkammer » et la Salle de la Fiancée « Brautkammer ». Elles ont existé jusqu’à l’incendie de 1945.

Construction de la galerie du prince électeur, qui reliait la Maison de la Duchesse directement à l’Aile de la Pharmacie (Apothekenflügel).
Cette image montre cet édifice entre les deux ailes au bord de la Spree.

1646
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Johann Moritz de Nassau-Siegen
Gouverneur du Prince électeur à Kleve. Il construisit plusieurs grands axes centrés sur le château. L’un de ces axes deviendra plus tard le boulevard Unter den Linden, qui fut relié au château par le Pont des Chiens (Hundebrücke). Le Prince l’empruntait quand il partait pour la chasse avec sa meute dans ce qui est aujourd’hui le Tiergarten.
1688 – 1713
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Prince électeur Friedrich III, à partir de 1701 roi Friedrich I de la Prusse.
Sous son règne les transformations et agrandissements les plus important eurent lieu. Son goût pour le faste ruina les finances de la Marche de Brandenbourg. C’est la raison pour laquelle il ne lui resta plus de ressources pour faire la guerre. Il se consacra plutôt aux beaux arts et aux sciences.
Sous son règne les académies des sciences et des art furent fondées à Berlin par Leibniz.
Il fit construire pour son épouse Sophie-Charlotte un château comme résidence d’été à Lietzenburg : le château Charlottenbourg.
(Illustration ci-contre : le seul plan authentique de la façade du château de Schlüter ; gravure de Decker autour de 1704. Tous les plans de construction originaux disparurent au plus tard en 1713, lorsque Schlüter quitta Berlin).
1698
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Andreas Schlüter, recruté comme sculpteur de la cour par le prince électeur Friedrich III, créa l’une des plus célèbres statues équestres, celle du Grand Prince électeur. Elle se situe au même rang que celle de Marc Aurel à Rome et celle de Louis XIII à Paris. Schlüter utilisa une technique de fabrication risquée. Ce monument incroyablement compliqué fut fabriqué en une seule coulée de bronze.

Ce monument montre le prince électeur dans une pose typiquement féodale-baroque. Il regarde le château, mais il tient son sceptre abaissé vers Berlin, la ville régulièrement rebelle, afin de montrer qui détient le pouvoir.
Le socle du monument est entouré par quatre esclaves tirant sur leurs chaînes, qui admirent le prince. Ils symbolisent les villes de Poméranie occupées par la Suède.

Le monument fut démonté en 1943. Il se trouva longtemps sur une barque qui coula plus tard dans la Spree. Ainsi, il surmonta la guerre en bon état. Aujourd’hui il se trouve dans la cour d’honneur du château de Charlottenbourg.

1701
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En 1699, Schlüter, qui était l’architecte allemand le plus important du style baroque, fut nommé architecte de la cour. Il transforma le château renaissance en la résidence la plus magnifique d’Allemagne.

En 1701, le roi, de retour de Königsberg, la ville du couronnement, fit son entrée triomphale dans le nouveau château.
L’extension fastueuse eut pour but de souligner l’importance du jeune royaume prussien par rapport aux autres états du saint empire romain germanique.
Le baroque italien servit de modèle pour le château. Ses axes de fenêtres imitent celles du Palazzo Madama à Rome. Beaucoup de sculptures de Schlüter rappellent les œuvres de son modèle Michel-Ange.

1706
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Congé déshonorant de Schlüter après la catastrophe de la Tour des Monnaies (Münzturm).
Sur ordre du roi, il édifia un clocher haut de 120 mètres sur la façade nord-ouest du complexe du château. Puisqu’à l’époque des sondages du sol n’étaient pas pratiqués, une grande nappe de tourbe, qui gisait à 20 mètres de profondeur dans les terrains alluvionnaires de la Spree, ne fut pas découverte. Elle fut écrasée sous le poids de la tour, la tour se mit à pencher et menaça de s’effondrer. Il fallut donc la démolir.
Le coût de la construction et de la démolition de la tour dépassa même celui de la construction du château. Suite à cet incident et aux intrigues de son adversaire à la cour, le bâtisseur de châteaux-forts suédois Johann Eosander von Göthe, Schlüter perdit son poste et n’œuvra plus que comme sculpteur jusqu’à son départ de Berlin pour Saint Petersbourg.

Il mourut un an plus tard à Saint Petersbourg, non sans y avoir exercé une influence considérable sur la planification de la ville. Ainsi, les plans du château de Pierre seraient attribués à Schlüter.

L’illustration est une tentative de reconstruction de Goerd Peschken tirée de sa monographie du château (prochainement dans notre boutique). Elle montre le prodigieux effet qu’aurait eu le Münzturm, la Tour des Monnaies, sur le panorama d’Unter de Linden.

1706 – 1713
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Johann Eosander von Göthe devient architecte du château. Avec un penchant pour le monumental, il double la surface du château avec un chantier d’agrandissement vers l’ouest. Son centre devient le Portail d’Eosander, Eosanderportal, qui doit être couronnée d’une tour à coupole de 100 mètres de haut. Il veut relier la cour de Schlüter, le Schlüterhof, à sa cour du château à l’aide d’une gigantesque galerie de colonnades disposés en arc de cercle et formant une rupture avec le bâtiment transversal.

Il ne peut mener à terme son oeuvre, car le roi meurt en 1713. Ce dernier lègue un état au bord de la faillite. Eosander est chassé violemment par le nouveau roi Friedrich Wilhelm I à cause de sa prodigalité lors de l’organisation des funérailles d’état de Friedrich I.

1713 – 1716
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Malgré l’austérité, le roi fit achever le château, qui comportait encore un vide béant entre le portail d’Eosander et l’édifice de Schlüter. Cependant, il renonça à tout faste à l’intérieur.
Au contraire, il fit repeindre en blanc de multiples fresques des plafond, comme par exemple celle du plafond de la grande galerie de tableaux d’Eosander, qui fut redécouverte par hasard et dégagée en 1850.
Pendant la troisième année de règne de Friedrich Wilhelm I, le château fut achevé par le successeur d’Eosander, Martin Heinrich Böhme, qui était un ancien élève de Schlüter.
Le jardin d’agrément baroque fut transformé en un terrain d’exercice poussiéreux par le roi.
Le roi habitait dans les chambres de l’édifice d’Eosander, qui donnaient sur le jardin d’agrément. Parce que ces chambres n’étaient pas assez lumineuses à son goût, il fit élargir certaines fenêtres et les fit déplacer vers le haut.
De nouvelles salles fastueuses furent créées à l’intérieur sous le règne de chaque roi jusqu’à la chute de l’Empire en 1918, par les architectes et artistes les plus importants de la Prusse.
Cependant, l’architecture de l’extérieur restait intacte. Même Schinkel, qui transforma beaucoup d’édifices à Berlin exprima son respect profond devant l’œuvre de Schlüter et conserva ces façades uniques.
1713 -1740
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Friedrich Wilhelm I.
Il entra dans l´histoire comme « roi aux soldats », à cause de sa manie des « longs gaillards », les « Lange Kerls », alors qu’il ne mena pas une seule guerre. Il dut avant tout remettre en ordre les finances de l’état. Il y parvint à force d’économies extrêmes et d’une réforme de l’administration, qui est encore aujourd´hui montrée en exemple. Une recommandation : l’excellente biographie « der Vater », « le Père » de Jochen Kleppner. Ce livre décrit d’une manière fascinante le conflit avec son fils, le futur roi Friedrich II.
1726
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Aménagement des fastueuses chambres polonaises « Polnische Kammern », qui servirent au roi saxon Auguste le Fort (August der Starke) d’appartement d’hôte lors sa visite officielle.
Celui-ci était également roi de Pologne sous la vassalité de laquelle se trouvait encore le royaume prussien.

L’image montre le Palazzo Madama à Rome dont les façades servirent modèle à celles du château de Berlin.

1740 – 1786
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Roi Friedrich II, « le Grand »
Il déplaça son centre de vie du château, qu’il déteste, à Potsdam, au château de Sanssouci.

Seules les grandes soirées d’hiver et les bals de carnaval avaient encore lieu dans le château.
Néanmoins les salles du château construites sous Friedrich II étaient célèbres pour leur beauté, en particulier son cabinet de travail rond, qui donnait sur la Place du château.
En souvenir du bon temps qu’il avait eu à Rheinsberg, où il avait eu son premier cabinet de travail situé dans une tour ronde, tous ses cabinets de travail étaient ronds.

L’imprimerie du château qu’il fit installer dans la pharmacie choisit par conséquent de donner comme lieu d’édition « Au donjon du château ».

1786 – 1797
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Roi Friedrich Wilhelm II.
Pendant son court règne, il aménagea l’appartement royal probablement le plus beau du château, sous la forme de salles royales classicistes, qui étaient situées dans l’aile qui donnait sur le jardin d’agrément. Elles furent façonnées par les architectes les plus importants de l’époque, Erdmannsdorf, Gontard et Langhans (voir aussi « salles d’intérieur »).

La vue depuis cet appartement, des Linden jusqu’au Tiergarten à l’ouest, déplut au roi. Il lui manquait une porte au château. Il donna à Langhans la mission de s’inspirer des propylées d’Athènes et de construire une porte conforme à leurs proportions à l’extrémité des Linden. Ainsi naquit la Porte de Brandenbourg, une libre interprétation des propylées. Elle était à l’origine peinte en blanc, afin d’imiter le marbre. D’où la discussion, à l’occasion de sa restauration : couleur grès ou blanc ?

De mauvaises langues contesteraient aujourd’hui une telle copie de l’original et la qualifieraient de « Disneyland ». Elle devint pourtant un symbole architectonique de Berlin, voire de l’Allemagne.

1797 – 1840
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Friedrich Wilhelm III
Ce roi ne modifiera pas de façon importante le château. Cent ans après son agrandissement par Schlüter, il était à nouveau délabré et la chute de pierres menaçait les passants.

Tous les moyens financiers furent mis à la disposition du château pour sa restauration. Les grandes corniches, balustrades et toitures des fenêtres furent en grande partie renouvelées, les sculptures des balustrades du toit furent retirées. Le château devint après cette restauration une copie de lui-même. Mais pourquoi devrait-il connaître un autre destin que la plupart des célèbres cathédrales françaises qui ont entre temps reçu leur troisième ou quatrième peau de pierre pour contrer les ravages du temps.

Pour faire un raccourci : Ulbricht a fait sauter une copie de la construction de Schlüter, qui doit maintenant renaître sous la forme d’une nouvelle copie.

L’image montre le dôme baroque de Boumann, que Friedrich le Grand fit construire en 1750. Auparavant, il fit abattre le dôme moyenâgeux, l’ancienne église dominicaine, qui se trouvait trop près du château devant la façade de Böhme (Böhmefassade).

1840 – 1861
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Friedrich Wilhelm IV
Alors qu’il n’était encore que prince héritier, une profonde amitié liait déjà le roi au grand architecte berlinois Karl Friedrich Schinkel. Celui-ci dessina et bâtit pour lui l’appartement princier dans l’aile donnant sur la Spree, en installant un étage supplémentaire sous le plafond de la chapelle d’Erasme. Il créa d’autres pièces célèbres dans le château, comme la Salle des Etoiles (Sternensaal) dans le portail I et la Salle de Thé (Teesaal) (cf. « Pièces intérieures »).

Schinkel planta un grand parterre de gazon et installa une fontaine au centre du jardin d’agrément, le Lustgarten.

Il organisa ses œuvres principales en contrepoint à l’axe ouest-est des Linden le long du fossé du cuivre, le Kupfergraben, du nord au sud : l’entrepôt (Packhof), le Vieux Musée (Altes Museum), le Pont du Château (Schlossbrücke), l’Académie d’Architecture (Bauakademie) et l’église de Friedrichswerder. Cet ensemble ne peut être compris qu’avec la silhouette du château.

Le Vieux Musée avec sa salle à colonnades ouverte et baignée de lumière fut considéré comme une réponse provocante à la façade fermée du jardin d’agrément du château. Le point de vue depuis la cage d’escalier supérieure du musée est célèbre.

1845
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La grande terrasse du jardin d’agrément est aménagée. Devant le portail IV sont érigés en 1558 les « Dresseurs de Chevaux » (« die Rossbändiger ») de Clodt, un cadeau du tsar russe à Friedrich Wilhelm. Ils furent démontés après la guerre et se trouvent aujourd’hui dans le Kleistpark, le long de la rue de Potsdam devant l’ancien bâtiment du Conseil de Contrôle. Les berlinois de moquèrent de la statue, qui symbolise la promotion de la régression et le frein au progrès.
1850
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Le dôme de Stüler, l’architecte de la cour, construit d’après un plan antérieur de Schinkel fut posé sur le portail d’Eosander sur la façade ouest du château. Au-dessous du dôme se trouvait la chapelle du château, qui pouvait accueillir jusqu’à 600 personnes.

1861 -1888
20030128090103 Petite histoire de la construction
Roi et à partir 1871 Empereur Wilhelm I.
Celui-ci utilisait le château comme lieu d’importance nationale, par exemple pour la cérémonie d’ouverture du Reichstag dans la Salle Blanche (« Weisser Saal ») ou pour les grands bals de la cour.

Lui-même habitait modestement le vieux palais de ville « Unter den Linden » d’où il regardait le défilé de la garde par la célèbre fenêtre de la chambre en coin .
Après les destructions de la guerre en 1945, le palais en ville fut dénoyauté entièrement. A la place de la chambre en coin se trouve aujourd’hui un amphithéâtre beaucoup plus grand de l’université d’Humbolt. L’extérieur cependant a gardé son style historique.

Dans le château l’empereur ne fit effectuer que quelques transformations dans la cour de Schlüter. Le bâtiment transversal fut doté d’une nouvelle façade style néorenaissance, et les galeries de la cour de Schlüter fut allongées à l’ouest des avant-corps des portails I et V.

1888, Drei-Kaiser-Jahr
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Empereur Friedrich III
Alors qu’il n’était encore que prince héritier, Friedrich Wilhelm était responsable des plans de construction du château et de son entourage.
Un nouveau dôme, en remplacement du dôme de Schinkel, fut relié au château par une dépendance suite à la démolition complète de la pharmacie. Un gigantesque campanile fut élevé auprès de la Spree. L’architecte responsable était le futur architecte du dôme, Raschdorf.
A cause de sa mort prématuré après un règne de seulement 99 jour, il ne put rien réaliser. Il était partisan de la monarchie constitutionnelle selon le modèle anglais. Il était marié avec une fille de la reine anglaise Victoria.
Qui sait comment l’histoire du 20ième siècle aurait pu se développer, s’il avait vécu 20 ans de plus.
1888 – 1918
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Empereur Wilhelm II

Activité de construction intense. Style : essentiellement néobaroque à la façon de Schlüter.

Architectes de la cour : Ernst von Ihne, Albert Geyer. Ce dernier est l’auteur du plus important ouvrage historique sur le château.

Dans l’entourage du château, la Place de la Liberté fut remplacée par le monument national représentant l’empereur Wilhelm I. L’image montre les festivités à l’occasion de son inauguration. Une nouvelle écurie fut construite, le Long Pont fut transformé dans le style néobaroque, à la place du petit Pont du Cavalier fut édifié un nouveau Pont Principal avec une percée de l’axe urbain vers l’est. Pour ce faire une partie de l’ancienne pharmacie de la cour fut abattue.

Démolition du dôme de Schinkel. Construction d’une gigantesque église à coupole dans le style historisant néobaroque par l’architecte Raschdorf.

Démolition de la Salle Blanche de Stüler. Démantèlement de l’aile de la Salle Blanche, reconstruction des appartements wilhelmiens et mecklembourgeois, au-dessus la nouvelle Salle Blanche de Ihne avec une galerie dans la Grande Cour du château. L’édifice est fastueux et néanmoins sans fondement historique: les lustres et les chandeliers cèdent la place à une électrification complète, assurant un éclairage indirect. Le manque d’argent pousse à l’interruption des mesures de reconstruction en 1910.

Au-dessus de la galerie de la Salle Blanche on voulait contourner le portail d’Eosander à l’aide d’une construction supplémentaire et d’une modification du portail de la Grande Cour du château. Depuis la construction du portail d’Eosander, l’accès à l’aile sud était bloqué depuis le premier étage et l’étage de parade, car sous le sol de la chapelle se trouvaient de très anciennes citernes qui servaient à l’approvisionnement en eau du château. Lorsque l’on voulait aller du jardin d’agrément ou de l’étage de parade à l’appartement impérial, il fallait descendre jusqu’au rez-de-chaussée puis remonter. Ce n’était naturellement pas très apprécié. Friedrich Wilhelm I avait par conséquent fait installer à travers l’arche du portail une passerelle en bois qui dérangeait l’optique.
Wilhelm II fut le premier monarque qui fit du château son centre de vie. L’appartement impérial fut construit en conséquence par Albert Geyer dans l’aile de la place du château.

1918, Spätherbst
20030202204027 Petite histoire de la construction
Fin de l’automne 1918
Révolution en Allemagne. Le 9 novembre, l’empereur abdique. Le château est occupé et pillé par les travailleurs et les soldats des soviets. Le soir de Noël l’armée est envoyée contre les révolutionnaires. De nombreux morts sont à déplorer. D’importants dégâts sont engendrés par des éclats de grenades sur le portail IV, sur le monument de l’empereur Wilhelm et aux écuries. Un grand défilé funèbre a lieu le long du château pour rendre hommage aux morts.

34)
L’illustration montre Karl Liebknecht lors de la proclamation de la république socialiste allemande le 9 novembre. Scheidemann avait déjà proclamé deux heures plus tôt la république au Reichstag, si bien que Liebknecht resta sur un échec. Il est fait remarquer que le peintre a ici échangé les portails : Liebknecht parle, comme on le voit ici, depuis le balcon de la Salle du Chevalier du portail V, depuis lequel l’empereur a également proclamé la guerre en 1914. Mais avant de faire sauter le château en 1950, ce fut le portail IV, le « portail de Liebknecht », qui fut démonté. Quel est donc le bon portail ?

1918 bis 1944
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1918 à 1933
Dans le temps suivant la première guerre mondiale, l’entourage du château et le jardin d’agrément devinrent lieu de nombreuses – et parfois militantes – manifestations.
L’illustration montre une telle manifestation du parti communiste, le KPD.
Entre-deux-règnes dans le château. Il ne fut plus utilisé par l’état, la république de Weimar déplaça son centre vers l’ouest, dans le Wilhelmstrasse. Là, le président du Reich résida dans le palais de Schwerin.

Le château connut une nouvelle utilité par des nouveaux locataires.
Le musée du château qui disposait des collections des arts décoratifs les plus importantes de Berlin ouvra ses portes. A partir de 1929 des concerts estivaux eurent régulièrement lieu dans la cour de Schlüter.
Parmi les autres locataires figuraient la Société de l’empereur Wilhelm (« Kaiser-Wilhelm-Gesellschaft ») le prédécesseur de l’actuelle société Max-Planck, l’archive Phonogramm, L’organisme de premiers secours des sciences allemandes, l’institut psychologique de l’université, l’institut national des eaux, le musée des exercices physiques.
Les autres étaient le syndicat des fonctionnaires allemands de l’administration, la centrale d’alimentation des enfants et de la médiation du travail à domicile, le foyer Helene Lange et le soutien aux étudiants, qui aménagea un restaurant universitaire dans une cuisine du château.
Cette image multiple est complétée par le service d’échange académique allemand, l’académie allemande, l’association allemande des arts, qui fut remplacée en 1933 par la chambre culturelle du Reich.
Une scène de répétition fut aménagée dans la salle d’albâtre.
Des directeurs des musées et nombre de particuliers emménagèrent dans plusieurs appartements.

1933 – 1945
20030202204227 Petite histoire de la construction
1933-1945
Le troisième Reich
Les national-socialistes n’utilisèrent pas le château pour leurs manifestions. Cependant, ils utilisèrent intensivement le jardin d’agrément pour leurs défilés. Pour cela, celui-ci fut transformé entièrement en raison de la fête du 1er mai 1935.
Le jardin avec son monument, ses fontaines, sa pelouse, ses buissons et ses arbres fut remplacé par une place de défilé pavée.
Un modèle rectangulaire résulta, qui avait pour but d’aider les masses à s’organiser pour les manifestations. Le monument du roi Friedrich Wilhelm III et le boulet de granit furent déplacés au bord.
Pendant les des jeux olympiques de 1936, la flamme olympique brûlait devant le château, entourée par les drapeaux des nations participantes. Lors de telles occasions le château était utilisé comme coulisse avec des drapeaux gigantesques.
Après la campagne française de 1940, le wagon dans lequel la capitulation allemande fut signée en 1918 dans le bois de Compiègne y fut placé comme trophée de la victoire. C’est là que le wagon fut détruit lors d’un bombardement ultérieur.
1944, Mai
20030202204504 Petite histoire de la construction
Mai 1944
Premiers dégâts de bombardements au château. Une bombe explosive perce l’avant-corps d’Eosander aux abords du jardin d’agrément jusqu’à la cave, sans toutefois déclencher d’incendie.
La grande galerie de tableaux, les chambres du roi situées au-dessous, ainsi que les appartements de Friedrich Wilhelm I situés rez-de-chaussée, sont détruits en grande partie.
Partout dans le château, le souffle de la détonation fait éclater les vitres.
1945, 3. Februar
20021205001418 Petite histoire de la construction
3 février 1945

Pendant quatre jours, le château est la proie des flammes à la suite d’importants dégâts dus aux bombardements. Il n’y eut pas de tentative pour éteindre l’incendie : démoralisée après les longues années d’attaques aériennes, la population de la ville était résignée.

Pendant la phase finale des combats dans Berlin, la façade du château fut prise sous le feu de l’artillerie et encore endommagée. Mais la structure de la construction était cependant moins atteinte que celle du château de Charlottenbourg, qui aujourd’hui ne porte plus la moindre trace du conflit.

1945 – 1948
20021205001500 Petite histoire de la construction
Hans Scharoun établit un devis estimatif pour la consolidation des ruines du château.

Les expositions « Les projets de Berlin, premier compte-rendu » (1946), « Peinture moderne française» (1946), « Retrouvailles avec la propriété des musées » avec des œuvres de l’art dit « dégénéré » que l’on croyait perdues (1946-1947) et finalement, en 1948, l’exposition « 1848 » à l’occasion des 100 ans de la révolution de 1848, ont lieu dans la Salle Blanche et dans les pièces situées en dessous.

En novembre, le premier magistrat de tout Berlin est destitué. La ville est coupée en deux. Friedrich Ebert, fils du premier président du Reich devient le maire de Berlin Est. Il est un adversaire farouche de toute tentative de reconstruction du château. L’accès au château est ensuite bloqué en 1948 à cause de son prétendu délabrement. Sous la protection soviétique, la SED devient majoritaire à l’Est. Ainsi s’approche la fin du château, après une histoire de plus de 500 ans. Les attaques subtiles des politiciens de la SED se multiplient qui exigent de se débarrasser du château à l’aide de justifications plus ou moins fondées.

1950, 7. September
20021205001549 Petite histoire de la construction
Le château fut détruit à l’aide d’explosifs sur ordre d’Ulbricht. Les travaux de démolition durèrent presque six mois.
Une expertise commandée par le gouvernement de la RDA révéla que le coût de la reconstruction incluant la reconstruction des salles précieuses s’élevait à 32 millions de marks de la RDA.
La démolition du château et la construction suivante – la place de défilé avec la tribune – coûta un quart de cette somme, soit huit millions de marks de la RDA.
Avec cette somme, qui était disponible pendant ces six mois, la ruine aurait pu être consolidée de façon durable et le début de la reconstruction aurait pu être financé.
1950
20021229155355 Petite histoire de la construction
La place Marx-Engels avec une grande tribune remplaça le château. Elle était utilisée pour les grandes manifestations de propagande de la RDA. 750000 personnes défilèrent ainsi en colonnes de 72 personnes durant 5 heures devant les dirigeants de la RDA. Ceux-ci recevèrent les hommages depuis la tribune.
1974-1976
20021229155916 Petite histoire de la construction
A la suite de la reconnaissance diplomatique de la RDA lors de Conférence sur la Sécurité et la Coopération Européenne, le palais de la république, lieu central des grandes manifestations politiques et culturelles de la RDA, fut érigé.
Le palais, en tant que « Maison du peuple », fut visité par des millions de personnes qui y assistèrent à des manifestations en tout genre.
Le palais fut érigé sur un squelette d’acier. Afin de protéger le bâtiment contre les incendies, 175000m² de la surface en acier furent recouverts par 5000 tonnes d’un mélange contenant de l’amiante.
1990, September
20021205001826 Petite histoire de la construction
Fermeture du Palais de la République à cause du haut degré de contamination à l’amiante. Elle fut imposée par le personnel du Palais qui craignaient pour sa santé à la suite d’une expertise demandée par le gouvernement de la RDA.befürchteten.
1991
20021205001902 Petite histoire de la construction
Début de la discussion sur la reconstruction du château. Elle gagna en intensité à mesure que les travaux dans Berlin après la chute du mur s’achevaient, et mena finalement au vote du Bundestag.
Simulation du château vu depuis Unter den Linden.
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1993 – 1994
20021205001947 Petite histoire de la construction
Edification d’une simulation du château à l’aide de tentures peintes, tendues sur un gigantesque échafaudage. Elle était une initiative du négociant hambourgeois Wilhelm von Boddien et de ses amis de l’association pour la reconstruction du château de Berlin. Le sponsor principal était Thyssen, qui fournit échafaudage. L’idée originale émanait de l’historien en architecture Prof. Dr Goerd Peschkev et de son ami, l’architecte Frank Augustin. Leur concept fut développé et concrétisé en France : les tentures des façades furent peintes à Paris par une équipe d’artistes réunis autour de Catherine Feff en 1500 hommes-jours. Le financement du projet total à hauteur de plusieurs millions fut exclusivement assuré avec des moyens privés.
1994
20021205002031 Petite histoire de la construction
Le concours international pour l’île de la Spree est organisé par le gouvernement fédéral et le Sénat de Berlin. Il doit définir la structure du futur centre de Berlin. Plus de mille architectes y participent. Non sans avoir été influencés par la simulation du château, les premiers trois projets gagnants reprennent la silhouette du château. Le palais de la République doit d’après la décision du jury être rasé, car il était mal conçu du point de vue de l’urbanisme.
Des initiatives citoyennes se forment pour sa conservation. Elles organisent une série de manifestations de protestation.
1997
20021205002100 Petite histoire de la construction
Début du désamiantage du Palais de la République.
Ici, ce qui reste du parlement : le gros œuvre.
2000
20021229161934 Petite histoire de la construction
Mise en place d’une commission par le gouvernement fédéral et le sénat de Berlin. Elle doit faire des propositions sur l’utilisation et l’architecture du nouveau bâtiment auprès de la place du château (cf. aussi le menu « politique », au paragraphe « commission »).
Un sondage de l’Institut Forsa auprès des Berlinois montra la faveur des berlinois, envers une reconstruction du château, plutôt que d’un autre bâtiment plus moderne.

2002
20021229141036 Petite histoire de la construction
Achèvement des travaux de désamiantage du palais de la république. Seule la façade et le squelette intérieur sont conservés.

Si les planifications et le concours de réalisation peuvent être menés à bien comme prévu jusqu’à fin 2004, il faudra à nouveau présenter le projet au Bundestag. Celui-ci, en tant que responsable de la gestion budgétaire nationale doit allouer les ressources publiques nécessaires.

Après une durée de construction de 5 à 6 ans, le château pourrait être inauguré le 3 octobre 2010, le vingtième anniversaire de la réunification allemande, lors d’une gigantesque fête nationale.

2002, 17. April
20021229162529 Petite histoire de la construction
La commission internationale d’experts « Centre historique de Berlin » rend son avis avec les résultats des travaux au chancelier et au maire de Berlin (cf. « château et politique »).
2002
20021229162653 Petite histoire de la construction
En juillet 2002, le parlement fédéral décide avec une majorité écrasante la reconstruction du château de Berlin sur la base des propositions de la commission.